Dernières lectures #10

« Réparer les vivants » – Maylis de Kerangal

Attirée par le titre comme un aimant, et attendrit par le double sens. Roman d’une transplantation cardiaque : réparer les vivants au sens propres, les sauver,  mais réparer aussi les chagrins de ceux qui restent, les endeuillés. 

On apprend brièvement à connaitre Simon, car très vite et brusquement il cessera d’être. Et tout ce qui suit est un enchainement de chaises musicales. Jongler avec les mots, choisir les bons au bon moment. Annoncer la mort dans une chambre et l’espoir dans quatre autres. Comment la vie d’une famille qui vrille peut faire basculer celles de tant d’autres à quelques kilomètres. Savoir situer la vie et la mort dans un corps. Un corps d’un être aimé et aimant. 

Une course contre la montre, devoir être brusque, franc, sans espoir tout en gardant une part d’humanité lorsque l’on jongle avec la mort. 

J’ai beaucoup aimé ce roman. Il est tendre et dur à la fois. Il pose la des questions qu’on ne se pose pas, qu’on ne veut pas se poser. Des dialogues avec nos paires qui sont douleureux mais qui pourraient bien souvent alléger.  Suis-je donneur ? Généreux ? La vie après ? Ça m’a fait sourire car j’ai eu très tôt eu cette réflexion et mes paires savent. 

Même si j’ai beaucoup aimé découvrir chaque page, il y a des passages un peu plus lent. Il y a des angles que j’aurais aimé avoir et d’autres que j’ai trouvé pas si nécessaire. Et une fin qui est impassible. J’aurais aimé plus, ressentir plus car par moment j’avais l’impression d’être coupé dans mes émotions. Mais il reste beau et permet de voir un même évènement sous différents points de vu. Celui qui part et ceux qui restent. Celui qui sauve pas sa mort. Ceux qui reprennent la vie lorsque celle-ci était en suspend. 

« La femme qui ne vieillissait pas » – Grégoire Delacourt 

Dans le précédent article que vous faisait l’éloge de so roman « L’enfant réparé ».  En toute honnêteté j’ai lu celui-ci avant. Je n’étais sûrement pas prête ou alors je voulais de la légèreté. Pourtant je n’en ai pas eu. 

J’ai été séduite par cette intrigue : comment peut-on ne pas vieillir ? Et quand c’est le cas, comment ne pas aimer et jouir de cela ? 

« Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre. Et puis, il y a Betty. Ce qui est arrivée à Betty est le rêve de toutes les femmes. Et pourtant « 

Pourtant elle aussi va tout perdre. Son mari. Son fils. Elle va se perdre elle en les perdant eux. C’est un roman intéressant sur l’âge, l’évolution du corps, des pensées, des rides, la vie et sa vieillesse. Les attentes de chacun et les espoirs des autres. Betty ne vieillit pas. Elle ne sait pas pourquoi, les médecins non plus. Entre fiction et rêverie. Elle interroge. Dans quel sens s’écoule le temps ? 

J’ai adoré ! Je m’interroge beaucoup sur la vieillesse et le corps qui « s’affaisse ». Moi même j’ai du mal à voir des photos de moi qui date de 10 ans, 1 an, 10 jours. Je ne sais trop pourquoi.

J’ai trouvé ce livre libérateur. Entre les crèmes de jour et les chirurgies, on entre dans les cicatrices d’une femme qui a le pouvoir que d’autres tueraient pour avoir. Et elle serait prête à se tuer pour ne plus voir ce visage vide de rides. Ce visage vide de ses joies, vide de ses pleurs. Vide de ses souvenirs, de leurs souvenirs. Vide de vie. Vide de son accouchement, de son mariage. Son visage lisse comme si elle n’avait pas vécu, comme si le temps c’était arrêté en elle. Comme quand la vie s’est éteinte dans le corps de sa mère. 30 ans. 

« Jamais plus » – Colleen Hoover 

Je le voyais partout et je pensais bêtement que c’était un roman romantique. Que nenni, lorsque j’ai demandé à une amie de quoi ça parlait et si c’était bien, elle m’a répondu l’avoir fini en une journée, que c’était sur les violences conjugales et les relations toxiques. Quelques seconde après il avait rejoint mon top 10 des livres à acheter lors de ma prochaine razzia littéraire. 

L’histoire de Lily. Enfance dans la violence et lorsqu’elle pense enfin pouvoir échapper au cycle, en ouvrant sa boutique de fleurs, voilà qu’elle rencontre ou plutôt re-rencontre cette homme charmant, avec lequel elle avait déjà échangé lors d’une nuit sombre. Elle croit qu’elle a enfin trouvé le bonheur, que son tour est venue a elle de pouvoir respirer et s’épanouir. Elle voit son avenir se tracer. Pourtant le passé refait très vite surface. Retrace-t-elle donc les pas de sa mère ? Celle à qui elle en a toujours voulu d’être restée ? 

Comme mon amie, j’ai dévoré ce roman. Puissant, poignant et qui raconte la vie de beaucoup. Evoque les questions que tous se pose « pourquoi elle reste ? » – « pourquoi ne part-elle pas? » des questions auxquelles l’autrice à voulu répondre et c’est en écrivant qu’elle a comprit. C’est en se mettant à la place des personnages, faisant parler ses paires à travers ses personnages qu’elle comprit. Ce n’est pas aussi simple. Le pouvoir. La croyance. Ce livre est une force. La force de faire face. D’ouvrir les yeux sur la réalité. C’est l’histoire d’un déclic. Un déclic pour mettre fin au cycle. Pour elle. Et l’enfant.

La suite est récemment sortie et il est déjà dans mon panier. Car la fin nous laisse plein d’espérance et on a soif de bonheur. Pour elle. Pour eux. 

« Les hommes ont peur de la lumière » – Douglas Kennedy 

J’ai toujours ma pile de livres à lire qui ne fait que grandir, comme ma liste des références des prochaines lectures mais cela ne m’empêche pas de jeter un coup d’oeil au rayon livre, même petit, lorsque je fais mes courses. C’est comme ça que je suis tombée sur ce livre. J’ai adoré le litre, parlant et juste.

 » Mais il faut parfois, sortir de l’ombre. Et braver la lumière.. »

Oui. Mais à quel prix ?

L’histoire d’un homme, chauffeur Uber, la cinquantaine, qui n’a jamais vraiment su faire porter sa voix, ses idées et ses envies. L’histoire d’un homme et d’une rencontre. D’une rencontre qui va lui permettre de se trouver et de quitter son propre ombrage. Mais pour cela il va devoir vivre l’obscurité la plus sombre, faire tomber les masques, ouvrir les yeux et faire une chose qu’il a que trop rarement faite : se faire entendre. 

L’histoire aussi de croyances qui s’opposent. La vie, la mort, le droit, Dieu, l’IVG. Jusqu’où peut-on aller pour faire entendre ses convictions ? Jusqu’où vont les croyances et le pouvoir ?  Une vie pour une vie ? 

Ce livre est, malgré sa lumière, plutôt sombre mais il met en lumière une réalité. Celle de ceux prêt à tout pour faire entendre leur voix et celle de ceux qui souhaitent simplement faire entendre leur droit. Leur droit du corps. Celui de vie, et malheureusement celui de mort. Jusqu’où certains sont prêt à aller pour atteindre leur but ? Parfois jusqu’à fermer les yeux et aller contre leur foi la plus pure. Pas si pure. 

C’est poignant. Une banale histoire, d’un banale chauffeur qui nous parle de ses courses et de sa vie qu’il n’a pas vraiment choisi. De cette vie qu’il subit, de ce boulot qu’il subit, de sa femme qu’il subit. Et comment une rencontre peut tout faire basculer. Elle ne savait pourtant pas grand chose de lui, un regard échangé dans le rétro viseur mais elle a lu en lui. 

« Personne n’a peur des gens qui sourient » – Veronique Ovaldé 

Je suis tombée sur lui par hasard, 2 livres achetés 1 offert. Le titre m’a fait sourire et le résumé offre une intrigue dès plus banale en soi mais je voulais savoir jusqu’où on pouvait aller pour protéger ses enfants. Connaitre les acteurs et leur rôle. 

Tout le long du livre on alterne entre le présent et le passé. Connaitre hier pour comprendre aujourd’hui et appréhender demain. On ouvre les souvenirs, les petites histoires d’enfances pour connaître les raisons qui ont mené Gloria à partir sans rien dire. On apprend le rôle de chacun. Plus ou moins. Plutôt moins que plus. On ne sait en réalité pas grand chose des personnages. Simplement qu’ils se méfient de tous et de chacun. Mais on est sûre d’une chose : qui est le coupable, le danger que Gloria fuit pour protéger ses filles. Enfin c’est ce que l’on croit. En réalité c’était devant nos yeux, mais on ne voyait que l’innocence, car comme l’indique le titre : personne n’a peur des gens qui sourient. 

J’ai bien aimé le lire et découvrir chaque petits souvenirs. En revanche je n’ai pas autant été prise par l’intrique, comme j’ai pu l’être en lisant certains trillers, et contrairement à la critique faite par RTL, il ne m’a pas été impossible de le lâcher une fois ouvert. Mais je le rouvrais avec envie. Envie et impatience de savoir, de connaitre le dénouement, même si celui-ci me paraissait évident. Mais l’évidence ne fut pas le dénouement auquel je pensais. Et c’est une fois que je compris cela que je ne pu le lâcher. 

On apprend lentement que l’on s’est fait berné, mais pas de honte, car ils l’ont tous été. Et je sais maintenant jusqu’où on est prêt pour protéger ses enfants. Mais si le danger en réalité était à l’intérieur ? 

 

Dites moi si vous connaissiez un de ces livres et lequel/lesquels vous avez envie de découvrir. Et n’hésitez pas à me partager vos dernières lectures et coups de cœur. 

 

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