Critères de complexes, tendance morphologique

Voilà des semaines voir des mois que j’ai cette idée d’article en tête. Enfin si on peut appeler ça une idée. Par où commencer ? Par quoi ? Est-ce que cela va intéresser les gens ? Au fond on s’en fou non, on s’en branle même, ça ne regarde que moi ? 

J’sais pas peut-être mais je me souviens toujours de ce que disait mon prof à la fac « dites vous que si vous vous posez la question, un autre se la pose aussi. Donc allez y. N’ayez pas honte. » Et c’est vrai. Au fond on est jamais seul(e) dans une situation. Enfin je crois. Bref. Comme toujours je ne sais pas comment commencer mon article. C’est toujours difficile le début mais une fois lancé en général tout va mieux. Le début ? Non. « Un » début. 

Tout est parti d’un maillot de bain mais pas que 

Il y a quelques semaines j’étais en voyage à Copenhague avec tout un groupe de nanas. La veille on me demande si j’ai bien pensé à prendre mon maillot de bain car l’hôtel possède une superbe piscine. Il a prévu de faire super chaud, on part dans un pays qu’on ne connait pas dans un super hôtel, le carde idyllique quoi. Le rêve pas vrai ? Sauf que voilà l’idée de la piscine ne m’avait pas traversé l’esprit (ouais bon ça va..) Vous allez me dire il est où le problème ? « Beh ouais, te plains pas tu pars en voyage. » Certes. Mais voilà, outre le fait que je n’avais pas de maillot (d’ailleurs merci Téva pour le prêt de maillot) je ne suis pas à l’aise à l’idée de « montrer » mon corps. Pourtant on ne me demande pas de m’exhiber ou de défiler en maillot devant des millions de gens, encore heureux. Mais voilà je ne suis pas très l’aise avec mon corps. Je ne l’aime pas et je lui fais souvent la guerre. 

Alors oui je poste parfois des photos où je suis en lingerie, donc elle est où la différence vous me direz. Premièrement j’essaie de « camoufler » mes complexes, avec un pantalon taille haute (histoire de cacher les hanches bien trop apparentes) ou en jouant avec les ombres par exemple. Ensuite je contracte bien le tout, la bonne pause (on connait tous faites pas genre) et hop après la photo on relâche le tout ! Ouais mais au bord de la piscine, y’a pas la bonne pause et je ne vais pas contracter 1000 ans non plus vous voyez ? De plus la photo c’est un moment qui est figé donc on peut être que « mieux », y a qu’un seul angle, une seule vue, celle que j’ai décidé. 

Son propre bourreau 

De plus, au moment de faire la photo il n’y a que moi donc personne d’autre que moi même pour me juger. D’ailleurs pour ça je suis plutôt forte, on l’est tous en réalité. Dans un précédent article, où je parlais « d’apprécier son corps » (je vous le remet si ça vous intéresse) j’évoquais le fait que la personne la plus dur envers nous n’est autre que nous même tout simplement. On est notre pire juge et bourreau. C’est comme ça. On sera toujours les premiers à pointer du doigts nos défauts, ce qui va pas même quand ça va. Et puis souvent y’a des choses, on est les seul(e)s à les voir. Vous savez le bouton que personne n’avait remarqué mais nous on voit que cela depuis ce matin et au lieu de la fermer on le montre bien comme il faut. « Hé t’as vu j’ai un bouton ». Et la plupart du temps l’autre, déjà s’en branle, mais surtout n’avait pas vu. Tristesse. 

Du coup comment on fait ? Beh on s’cache pardi. Mais en faisant ça on s’empêche un peu de vivre. C’est pas bon mais elle est où la solution ? Y’en a pas. Vous vous attendiez certainement à ce que je vous sorte un joker, un argument à 2 balles, désolé de vous décevoir j’ai pas trouvé la solution. D’ailleurs si vous l’avez je suis preneuse. 

On ose quand même mais on a nos techniques (promis pas de triche) 

J’ai tout de même fait quelques photos. Logique sinon il n’y aura pas celles présentes ici, réfléchis. Il était tôt, 8h du matin, presque personne à la piscine. Toujours une bonne pote pour faire les photos (Double merci Teva) car oui là je ne pouvais pas faire les photos toutes seules. Comme ça de 1. c’est rapide, 2. vous êtes un peu plus à l’aise qui si c’était face à un inconnu (bonjour la gène). Ça a durer 20minutes et après je me suis vite emmitouflée dans mon peignoir. Ensuite ? On respire un grand coup, on regarde les photos et on essaie de ne pas trop se détester. 

J’ai gardé les « moins pire » comme on dit. Et puis je joue avec les retouches (attention je parle exclusivement de retouches couleurs, je ne touche pas mon corps), souvent dans ces cas là je met la photo en noir et blanc puis je rajoute du grain. Pour le moment il n’y a que comme cela que j’arrive à « apprécier » de regarder les photos et de les poster. Mais si cela me convient comme ça pourquoi chercher à vouloir plus ? 

Pour celles en couleur, le jeu de lumière fait toute la différente. Et puis en plus je suis un peu loin, allongé donc « ça passe » on va dire.


Les complexes des autres ça rassure ? 

Plus loin dans le séjour, on s’est retrouvée à se baigner (pas moi bien évidement, j’ai bien gardé mon camouflage). J’ai vu les filles, et outre le fait qu’elles étaient toutes foutu différemment, je les ai toutes trouvés : belles. C’était des filles que je suivaient depuis bien longtemps pour certaines et que j’ai toujours admirer, voir envier. Non, j’ai pas honte de le dire, j’envie ses filles et leurs corps. Comme dit maman  « l’herbe est toujours plus verte chez les voisins ». Mais une chose est sur, si j’avais leur corps, je serais en train d’envier la fille d’à coté qui aurait possiblement ce corps que je déteste tant aujourd’hui. Car les filles aussi avaient leurs complexes. Des complexes que je n’aurais pas soupçonnés. Et cela m’a rassuré. Rassuré dans le sens où même la fille là plus gaulée, elle s’aime pas autant que cela. C’est bête pas vrai ? Voir affreux. Se sentir mieux car on se rend compte qu’on n’est pas seule à être mal. 

J’me suis sentie moins seule. Car oui la fille la qui pose avec son plus beau bikini, que tu envies tant et bien elle n’a pas si confiance en elle que cela. Oui elle fait peut-être un 34 mais elle complexe. Et j’arrive enfin au point qui m’intéresse le plus. Oui il était temps. 

Critères de complexes ? Tendance morphologie ? 

Récemment on m’a fait la réflexion « tu n’as pas de quoi complexer toi ». Pardon ? Il y a des critères pour complexer maintenant ? C’est nouveau, je savais pas. En ce moment on fait la guerre aux filles qui sont fines, minces, maigres, tout ce que vous voulez. On les pointe du doigt. Mais si on arrêtait ? « La mode des filles longilignes » – « la mode des filles avec des formes ». Alors tout ne serait qu’une question de mode ? Et si on rentre pas dans le moule beh ça passe pas et on donne carte blanche aux autres pour venir lyncher ?

Il n’y a pas de mode en ce qui concerne le corps, sa taille, son poids et sa morphologie. « Juste » être bien dans cette enveloppe qui nous est propre. Alors si cette fille qui fait un 34 souhaite s’affiner encore un peu laissez là tranquille. Si cette nana qui fait un 44 aime son corps et ses rondeurs laissez là aussi. Pourquoi elle ferait un régime. Pour se retrouver dans un corps qu’elle n’apprécierai peut-être pas. Ah oui il plairait aux autres, excusez nous.. (roulage d’yeux les potes !)  Alors que non, le principal c’est elle, c’est toi, c’est vous, c’est moi aussi. Être bien pour soi et avec soi. C’est ultra simple à dire et à écrire. Mais ma victoire moi (si on peut dire ça ainsi) c’est que c’est pas à cause des autres et c’est déjà ça. Car les autres on ne peut pas les changer, en revanche on peut faire un travail sur soi. 

Désolé petit corps

Hier, je suis tombée sur des photos de moi qui date de deux ans. Je me préfère sur ces photos et c’est ce qui m’a fait peur. J’me sentais mieux dans ce corps qui était malade. C’est horrible de penser cela. À l’époque j’en avais pas encore conscience mais je l’étais bien. Vous connaissez « trouble du comportement alimentaire ». Faire yoyo avec mon poids était une passion. Ne pas manger pendant des jours. J’me privais pas forcément mais j’en étais venu à un point où j’oubliais de manger. Oui, j’ai tellement peu écouter mon corps, que je ne ressentais plus la faim, le manque de nourriture. Et lors des moments de faiblesse, un petit yaourt un verre d’eau pour combler le vide et on repart. 

Je ne devais pas faire plus de 44Kg, il fallait que je sois en dessous et c’était parfait. Quand je savais que j’avais rendez-vous chez le médecin et bien j’arrêtais volontairement de manger pendant plusieurs jours. Ce qui me sauvait, c’est que chez nous on n’a pas de balance, on aime pas. Du coup jamais je ne me pèse car je n’aime pas donc pas de fixette. Être en dessous des 44kg est toujours d’actualité, je sais que je fais plus aujourd’hui mais tant que je ne le vois pas, ça va. C’est pas encore ça mais on avance comme on peut.

C’est pas bien je sais, je n’ai jamais dit que j’étais un exemple. Si j’écris tout cela c’est avant tout pour moi, pour me rendre compte à quel point oui c’est grave de préférer un corps qui n’est pas en bonne santé. Et je vous arrête tout de suite, cela n’avait et n’a rien à voir avec les magazines, mais ça viens directement de moi. Je n’ai jamais été influencé par les mannequins, les revendications de ventre plats et de cuisses sans cellulites. Tout cela se passe dans ma tête. Mais je sais que parfois c’est aussi le cas et c’est ce qui me tue quand je vois que certains renchérissent en faisant des commentaires ignobles. 

J’écris aussi pour rassurer certaines et certains aussi. On complexe tous. On a tous nos défauts, ces choses que l’on aimerait gommer. Vous n’êtes pas seul(e)s dans vos complexes. Ils peuvent venir de partout, famille, ami(e)s, société, inconnu mais de nous également. 

 

Récemment j’ai lu les articles de Floriane, dans le premier elle évoque la confiance en soi et dans le second « cette fausse perfection ». Elle évoque toutes ces applications de retouches qu’utilisent certaines pour modifier leur corps et ce que cela engendre ensuite. J’ai adoré les lires, elle dit tout, dénonce et ça m’a putain de fait du bien ! 

(Sorry d’avance pour les fautes et les mots qui manquent peut-être mais j’ai pas pris le temps de le relire. C’était à l’instinct.) 

Bisous pamplemousses les filles (et les garçons car je sais que vous aussi vous avez vos complexes mais vous êtes plus silencieux sur cela). 

10 Comments

  1. Noémie

    Rien à dire de plus ! Entièrement d’accord avec toi. Nous ne sommes jamais satisfait, même si on y travaille le chemin est long ! Tu es très jolie sur ces photos en tout cas !

  2. Hello,
    Très intéressant ton article. Ton prof de fac est quelqu’un de censé. Si tu as envie de traiter un sujet, fais-le sans te soucier de ce que pense les autres, tu as raison.
    Sur la questions des complexes, je pense qu’on en a tout peu importe que l’on soit petite, mince, grande, grosse… on n’est jamais satisfait de ce que l’on a.

    • GoHope

      Yo !
      Oui il était plutôt bon comme prof et des phrases comme celle là il en avait en stock.
      Exactement, c’est un fait on ne sera malheureusement jamais satisfait de ce que l’on a et on préférera toujours regarder cette pelouse à coté. Mais parfois, il arrivera que l’on s’appréciera !

  3. Wahouuu ! J’adore cet article !! Bravo à toi de te confier comme ça sur ta vie d’avant et de maintenant ! Tu sais le plus important dans tout ça c’est que tu es consciente de ce que tu as, parce que le plus triste c’est ceux qui sont complexés, ont des troubles alimentaires ou même des problèmes corporels mais ne c’en rendent pas compte.. En tout cas je te souhaite que du bonheur à toi et ton corps Ya t il le no Mans Land entre les deux ?

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